Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Mosaïques d'Histoire (S)

ESPERCE : FILS DE LA CAMPAGNE

ESPERCE : FILS DE LA CAMPAGNE

Ses yeux et ses mains parlent pour lui. Il y a 20 ans Christian Thoret est tombé passionnément amoureux de « la fille de la campagne », jolie nom pour qualifier la vannerie. Après avoir transformé le fer, il jongle avec les couleurs cuivre, vert, rouge et gris des saules, châtaigniers ou noisetiers. « Mon grand-père habitait la Côté d’or, il était paysan l’été et vannier l’hiver.» raconte-t-il « On amène ses origines avec soi » le déclic peut être qui le décide à intégrer L'École nationale d'osiériculture et de vannerie en Haute-Marne « Ma formation s’apparente au compagnonnage, J’ai eu la chance d’avoir un excellent professeur qui m’a appris la méthode et l’affutage. Car c’est la base : avoir des outils bien affutés pour bien travailler. Serpette et sécateur, ce sont les outils de mon grand-père ! En hiver 98 à la fin de ma formation, mon grand-père m’a fait le plus beau des compliments. « Tu aurais dû aller plutôt à cette école, tu m’aurais montré ». Et c’est cette transmission qui m’est chère : S’ouvrir, montrer notre métier, perpétuer des traditions. J’ai eu la chance de rencontrer des anciens qui m’ont transmis des techniques ; un jour sur le marché de Revel, un vannier m’a dit « je vais te montrer quelque chose de beau ; et ce fut un nichoir à pigeon qui est né sous ses mains » Chaque région possède ses règles en matière de dimension et de forme, édictées selon les usages et les traditions locales. C’est le cas notamment de la corbeille du Comminges. » L’atelier de Christian a une âme . C’est dans l’étable d’une ancienne ferme sur les coteaux d’Esperce qu’il crée paniers, pièges à poissons, corbeilles, dessous de plats …. Son atelier est un musée vivant où le regard ne sait où se poser tant les créations sont nombreuses, les formes diverses et originales, piquant parfois la curiosité. Chaque pièce est unique, le regard devient privilège, le moment solennel. « Il existe plus de 300 espèces d’osiers » explique Christian « dont 30 sont utilisés en vannerie ». C’est dans les Champagnes-Ardennes qu’il a été chercher au début de son activité des variétés à planter , malheureusement arrachées par un acte de vandalisme. Depuis 4 ans, Christian est privé de son oseraie. Au bruit, il sait si l’osier est de bonne qualité ou pas, si l’eau y a suffisamment pénétré. Il pourra alors tresser la pièce maitresse, base du panier appelé « le soleil ». L’astre n’est pas qu’au fond du panier mais dans les yeux de Christian quand il explique ce savoir-faire ancestral et quand il désigne fier la croix occitane accrochée au fronton de sa ferme.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article